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Aoun à Washington : Rubio fixe les priorités

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Le président libanais Joseph Aoun a entamé à Washington une visite officielle dominée par les questions de souveraineté, de sécurité et d’application du cadre négocié entre le Liban, les États-Unis et Israël. Arrivé dans la capitale américaine avant son entretien prévu mardi 21 juillet avec le président Donald Trump, le chef de l’État a rencontré dimanche le secrétaire d’État Marco Rubio. Cette première séquence a donné le ton du déplacement. Le responsable américain a salué l’action des autorités libanaises en faveur du monopole de l’État sur les armes et a réaffirmé l’engagement de Washington auprès de Beyrouth. Joseph Aoun a, pour sa part, demandé une coordination concrète afin d’obtenir un premier retrait israélien des zones concernées par le dispositif négocié. La visite d’Aoun à Washington intervient alors que l’armée israélienne maintient des positions dans le sud du Liban, que de nombreux habitants restent déplacés et que le Hezbollah rejette les discussions directes avec Israël ainsi que les mesures visant son désarmement.

Une première rencontre avec Marco Rubio

La rencontre entre Joseph Aoun et Marco Rubio s’est tenue au département d’État. Elle a porté sur la mise en œuvre du cadre tripartite conclu sous médiation américaine. Selon le compte rendu officiel américain, les deux responsables ont examiné les étapes nécessaires pour faire avancer ce dispositif. Le texte prévoit une progression parallèle sur plusieurs dossiers. Il associe le retrait des forces israéliennes, le déploiement de l’armée libanaise, le traitement des armes détenues par les groupes non étatiques et la préparation d’une stabilisation durable de la frontière. La réunion a précédé de deux jours l’entretien annoncé entre Joseph Aoun et Donald Trump à la Maison-Blanche. Elle a aussi permis à l’administration américaine de préciser publiquement sa lecture des engagements attendus du Liban.

Marco Rubio a tenu des propos particulièrement appuyés sur l’action du président libanais et de son gouvernement. Le secrétaire d’État a salué le « courage » des autorités libanaises, qu’il a présentées comme engagées dans un effort déterminé pour rétablir la souveraineté du pays. Il a cité trois objectifs : désarmer le Hezbollah, démanteler son infrastructure militaire et conduire le Liban vers la paix. Le communiqué américain place ainsi la question des armes du mouvement chiite au cœur du partenariat entre Washington et Beyrouth. Il ne la présente pas comme un dossier séparé du retrait israélien. Les deux volets figurent dans un même cadre de mise en œuvre, avec l’armée libanaise appelée à reprendre le contrôle des secteurs concernés.

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Rubio salue le « courage » du gouvernement libanais

Le choix des mots de Marco Rubio marque la position officielle américaine au début de cette visite. Washington soutient l’autorité de l’État libanais et considère que celle-ci doit s’exercer sur l’ensemble du territoire. Le secrétaire d’État a également réaffirmé l’appui des États-Unis au cadre tripartite et aux efforts libanais destinés à parvenir à la paix. Son communiqué ne fournit toutefois ni calendrier complet ni date précise pour le retrait israélien des différentes positions. Il ne détaille pas non plus les mécanismes techniques qui serviraient à vérifier le retrait des armes et des combattants des zones placées sous le contrôle de l’armée libanaise. Ces points restent au centre des négociations menées avec la médiation américaine.

Joseph Aoun a insisté devant son interlocuteur sur la nécessité d’aligner les positions libanaise et américaine. Le président a demandé que la première étape du dispositif se traduise par un retrait israélien de la première zone pilote. Beyrouth veut que l’application du cadre commence par un mouvement visible sur le terrain. Les autorités libanaises cherchent ainsi à obtenir une mesure susceptible d’accompagner le déploiement de l’armée et de renforcer la crédibilité de l’accord. La demande intervient après des discussions organisées à Rome entre représentants libanais et israéliens sous parrainage américain. Les participants ont décrit ces échanges comme positifs, sans annoncer d’échéance définitive pour le début du retrait.

Les zones pilotes au centre des négociations

Les zones pilotes constituent la première phase du mécanisme négocié. Elles doivent permettre le déploiement de l’armée libanaise dans des secteurs déterminés, parallèlement à la vérification de l’absence d’armes et de combattants du Hezbollah. Plusieurs localités situées de part et d’autre du Litani ont été mentionnées dans les informations publiées sur le dispositif. Les modalités de contrôle restent en discussion. La possibilité de confier une partie de la vérification à une tierce partie a été évoquée, sans décision finale annoncée. La Force intérimaire des Nations unies au Liban figure parmi les acteurs cités dans les échanges, mais aucun mandat nouveau n’a été confirmé à ce stade.

Le cadre signé à Washington le 26 juin fixe une feuille de route entre les parties. Il prévoit un retrait progressif de l’armée israélienne du sud du Liban et un déploiement des forces armées libanaises. Il traite aussi du désarmement des groupes qui échappent à l’autorité de l’État. Sa mise en œuvre dépend d’étapes coordonnées et vérifiables. Israël lie son retrait à la neutralisation de la menace qu’il attribue au Hezbollah. Le Liban demande, de son côté, que le retrait israélien commence afin de permettre à l’armée d’étendre effectivement son contrôle. Les États-Unis occupent une position centrale dans ce mécanisme, puisqu’ils ont parrainé l’accord et poursuivent les contacts avec les deux délégations.

Aoun prépare sa rencontre avec Donald Trump

La visite d’Aoun à Washington doit permettre au président libanais de défendre cette séquence devant Donald Trump. Selon les informations communiquées avant son départ, Joseph Aoun entend remettre au président américain une proposition écrite. Ce document porterait sur le traitement de l’arsenal du Hezbollah et sur les conditions d’un rétablissement de la souveraineté libanaise. Le chef de l’État devrait aussi demander à Washington d’exercer son influence sur Israël pour obtenir l’application du retrait prévu. Le rendez-vous de mardi sera le premier entretien en face à face entre les deux présidents depuis l’arrivée de Joseph Aoun à Baabda.

La rencontre à la Maison-Blanche revêt aussi un caractère institutionnel. Aucun président libanais n’avait été reçu dans ce cadre depuis près de vingt ans. La précédente visite de ce niveau remontait à la présidence de Michel Sleiman, reçu par Barack Obama en 2009. Joseph Aoun se rend donc à Washington dans une configuration exceptionnelle, marquée par une implication américaine directe dans les négociations entre le Liban et Israël. Son déplacement intervient également au cours de la deuxième année de son mandat, après une première phase centrée sur la reconstitution des institutions et le soutien à l’armée.

Le monopole des armes porté par la présidence

Ancien commandant en chef de l’armée, Joseph Aoun a fait du monopole de l’État sur les armes l’un des engagements de son mandat. Lors de son investiture, il avait affirmé le droit de l’État à exercer seul ce monopole. Cette position a ensuite été reprise par le gouvernement. L’armée libanaise a déployé des unités dans le sud et récupéré des dépôts d’armes après les précédents affrontements. Le nouveau conflit régional a toutefois interrompu cette dynamique et aggravé la situation sécuritaire. Les frappes israéliennes et les opérations terrestres ont provoqué de lourdes pertes, des destructions importantes et de nouveaux déplacements de population.

Les autorités libanaises présentent le déploiement de l’armée comme la base de toute stabilisation. Elles demandent des moyens financiers, logistiques et militaires supplémentaires pour assurer cette mission. Washington reste l’un des principaux soutiens des forces armées libanaises. La relation entre Joseph Aoun et les responsables américains s’est construite pendant ses années à la tête de l’institution militaire. Cette coopération constitue un volet important de la visite, même si les déclarations publiques de dimanche se sont concentrées sur le cadre tripartite, le retrait israélien et les armes du Hezbollah.

Le Hezbollah rejette le processus

Le Hezbollah rejette le processus engagé par le gouvernement. Le mouvement refuse son désarmement et conteste les discussions directes avec Israël. Il considère que les négociations ne peuvent avancer tant que l’armée israélienne reste présente sur le territoire libanais. Cette opposition pèse sur l’application du dispositif. Elle place les autorités face à une équation intérieure sensible, alors que le gouvernement affirme vouloir éviter une nouvelle confrontation interne. Joseph Aoun a maintenu sa ligne en faveur du contrôle exclusif des armes par l’État, tout en insistant sur la nécessité d’un retrait israélien et du respect de la souveraineté libanaise.

La guerre relancée au printemps a profondément modifié le calendrier politique. Le Hezbollah a ouvert le feu contre Israël le 2 mars en soutien à l’Iran, alors visé par des opérations américaines et israéliennes. Israël a répondu par une campagne aérienne et terrestre au Liban. Le ministère libanais de la Santé a fait état de plusieurs milliers de morts depuis le début de cette nouvelle phase, sans distinguer systématiquement civils et combattants. Des localités du sud ont subi des destructions étendues. Une partie de la population n’a pas pu regagner son domicile, tandis que les besoins liés au relogement et à la reconstruction continuent d’augmenter.

Des négociations directes sous médiation américaine

Dans ce contexte, Joseph Aoun a appelé à des discussions directes avec Israël. Cette décision a ouvert les contacts politiques les plus élevés depuis des décennies entre les deux pays, qui ne disposent pas de relations diplomatiques. Les négociations ont commencé avec une médiation américaine, puis se sont poursuivies à Washington et à Rome. Elles ne constituent pas encore un accord de paix. Elles portent d’abord sur l’arrêt durable des hostilités, le retrait des forces, le déploiement de l’armée libanaise et les garanties de sécurité. Le président libanais n’a pas accepté, jusqu’ici, l’idée d’une rencontre avec le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Les propos de Marco Rubio interviennent donc à un moment où Washington cherche à transformer le cadre politique en mesures opérationnelles. Le secrétaire d’État a publiquement associé la souveraineté libanaise au désarmement du Hezbollah et au démantèlement de ses capacités militaires. Cette formulation devrait être reprise lors des entretiens du président libanais avec les responsables américains. Elle fixe aussi la position que l’administration Trump défendra dans le suivi des négociations. Les autorités libanaises insistent toutefois sur la réciprocité des engagements et sur la nécessité de constater un retrait israélien effectif.

Un premier test sur le terrain

La première zone pilote doit servir de test. Les discussions portent sur la manière de confirmer que les secteurs concernés ne contiennent plus d’armes, de positions ou de combattants du Hezbollah. Elles portent aussi sur le moment où l’armée israélienne quittera les points qu’elle occupe. Des unités libanaises ont déjà été redéployées dans certaines localités citées dans le dispositif. Cependant, plusieurs de ces secteurs se trouvent en dehors de la zone où les forces israéliennes sont actuellement présentes. La prochaine étape devra donc concerner un point où un retrait réel peut être observé et vérifié.

Joseph Aoun devrait utiliser son entretien avec Donald Trump pour demander une décision américaine sur cette séquence. Le président libanais considère que l’influence de Washington sur Israël peut permettre de débloquer la première phase. Il entend aussi présenter les engagements de l’État libanais sur le contrôle du territoire et le traitement des armes. Le contenu complet de la proposition écrite n’a pas été rendu public. Aucun calendrier officiel n’a été annoncé pour sa mise en œuvre. La réunion de mardi devrait préciser si les États-Unis soutiennent un retrait immédiat d’une première zone et quelles garanties seront exigées en contrepartie.

Reconstruction et soutien à l’armée

Le dossier économique accompagnera les discussions sécuritaires. La reconstruction du sud, le retour des déplacés et la remise en état des infrastructures nécessitent des financements que le Liban ne peut mobiliser seul. L’administration américaine lie le retour de la stabilité à l’application du cadre politique et sécuritaire. Marco Rubio a présenté la marche vers la paix comme une condition du redressement. Les autorités libanaises cherchent à obtenir un soutien international sans attendre la résolution complète de tous les différends. Elles veulent notamment consolider l’armée, restaurer les services publics dans les zones touchées et préparer le retour des habitants.

La visite se déroule alors que le Liban reste confronté aux conséquences de l’effondrement financier commencé en 2019. L’État dispose de marges budgétaires réduites. L’armée a elle-même subi les effets de la dépréciation de la monnaie et de la baisse du pouvoir d’achat de ses membres. Joseph Aoun avait alerté, lorsqu’il dirigeait l’institution, sur le risque d’un affaiblissement de sa capacité opérationnelle. Les aides étrangères ont permis de maintenir certaines fonctions essentielles. Un déploiement élargi dans le sud exigera toutefois des effectifs, des équipements et des ressources supplémentaires sur une longue durée.

Le déplacement à Washington comprend aussi des contacts avec des responsables politiques et sécuritaires américains. Leur contenu détaillé n’a pas encore été publié. La présidence libanaise concentre sa communication sur la rencontre avec Donald Trump et sur la recherche d’un soutien à la souveraineté du pays. Le compte rendu du département d’État montre que le dossier du Hezbollah restera incontournable. Il confirme également que les États-Unis attendent des mesures concrètes de la part du gouvernement libanais. En parallèle, Beyrouth attend une action américaine auprès d’Israël.

Un calendrier encore absent

Les positions exprimées dimanche ne lèvent pas les obstacles présents sur le terrain. Israël n’a pas annoncé de date pour son retrait de la première zone pilote. Le mécanisme de vérification reste à fixer. Le Hezbollah maintient son rejet du désarmement. L’armée libanaise doit encore recevoir les moyens nécessaires pour occuper durablement les secteurs concernés. Les États-Unis affirment leur soutien, mais le passage des déclarations aux mesures opérationnelles dépendra des décisions prises après la réunion de la Maison-Blanche.

La séquence diplomatique se poursuivra mardi 21 juillet avec l’entretien entre Joseph Aoun et Donald Trump. Le président libanais doit y présenter ses demandes sur le retrait israélien, le soutien à l’armée, la reconstruction et l’application du cadre tripartite. Les propos de Marco Rubio ont déjà défini les priorités américaines : souveraineté de l’État, désarmement du Hezbollah, démantèlement de son infrastructure militaire et progression vers la paix. La prochaine indication concrète sera l’annonce, ou non, d’un calendrier pour le retrait israélien de la première zone pilote et le déploiement vérifié de l’armée libanaise.

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