Les derniers articles

Articles liés

Le pétrole irakien pourrait repasser par le Liban

- Advertisement -
Beta translationCette traduction est produite automatiquement en version beta. Merci de rester prudent sur le contenu et de verifier la version francaise en cas de doute.

Le gouvernement libanais prépare le retour du pétrole irakien sur son territoire, plusieurs décennies après l’arrêt du corridor qui faisait de Tripoli l’un des débouchés méditerranéens du brut de Kirkouk. Lundi 10 août 2026, le premier ministre Nawaf Salam a réuni les ministres et responsables directement concernés pour préparer le transit de pétrole brut et de produits pétroliers irakiens par le Liban. Dans une première phase, Beyrouth doit servir de centre de stockage et de réexportation. Le gouvernement travaille déjà sur la réhabilitation des routes nécessaires au passage des camions-citernes, le renforcement des postes-frontières, l’organisation du trafic et la remise à niveau des installations de stockage. Le projet reste toutefois à préciser sur trois points essentiels : aucun volume, aucune date de démarrage et aucun revenu attendu pour le Liban n’ont encore été annoncés. Son intérêt est néanmoins stratégique : l’Irak cherche à diversifier ses routes d’exportation vers la Méditerranée, tandis que le Liban tente de remettre Tripoli et ses installations pétrolières au centre des échanges énergétiques entre l’Irak, la Syrie et les marchés méditerranéens.

La réunion présidée par Nawaf Salam confirme que le dossier est entré dans sa phase technique. Le ministre de l’Énergie et de l’Eau, Joe Saddi, le ministre de l’Intérieur et des Municipalités, Ahmad Hajjar, et le ministre des Travaux publics et des Transports, Fayez Rasamny, y ont participé. Étaient également présents le directeur général de la Sûreté générale, Hassan Choucair, le président du Conseil supérieur des douanes, Mesbah Khalil, et la directrice générale des douanes, Gracia Kazzi.

Cette composition indique clairement les priorités. Le pétrole devra franchir la frontière, être contrôlé par les douanes, circuler sur le réseau routier, rejoindre des réservoirs puis être réexporté. Le gouvernement doit donc coordonner plusieurs administrations qui fonctionnent habituellement séparément.

Recommande par Libnanews
Indicateurs économiques du Liban

Suivez les principaux indicateurs économiques en temps réel.

Le communiqué officiel ne mentionne pas encore un transport par oléoduc. Il évoque explicitement la préparation des routes et la circulation des citernes. La première phase doit donc reposer sur le transport terrestre, vraisemblablement depuis l’Irak à travers la Syrie, avant l’entrée au Liban.

Le Liban doit d’abord servir de centre de stockage

Le gouvernement définit pour l’instant un rôle précis : le Liban doit devenir, dans une première étape, un centre de stockage et de réexportation du pétrole irakien.

Il ne s’agit donc pas d’un nouvel accord destiné à fournir directement du carburant au marché libanais. Le pétrole entrerait au Liban pour être stocké avant de repartir vers d’autres destinations.

Cette distinction est importante. Le Liban ne serait pas uniquement acheteur d’énergie, mais prestataire de services. Les revenus pourraient provenir du transit, du stockage, de la manutention et de la réexportation.

Le gouvernement n’a toutefois communiqué aucun tarif. Il n’a pas davantage indiqué les quantités que Bagdad envisage de faire transiter par le territoire libanais. Il est donc impossible, à ce stade, d’évaluer sérieusement les recettes potentielles.

Le projet est économiquement intéressant uniquement si les volumes permettent de couvrir les investissements nécessaires. Des routes devront être réparées et les installations de stockage préparées. Les administrations frontalières devront également absorber le trafic supplémentaire.

Des routes à réhabiliter avant l’arrivée des citernes

La question routière occupe une place importante dans les préparatifs. Le gouvernement a demandé l’identification et la réhabilitation de plusieurs axes nécessaires au déplacement des camions-citernes.

Le transport pétrolier impose des contraintes particulières. Des convois de véhicules lourds ne peuvent être ajoutés durablement à des routes déjà dégradées sans travaux. Les itinéraires doivent également limiter autant que possible le passage dans les zones urbaines très fréquentées.

Le ministère des Travaux publics doit donc déterminer les tronçons nécessitant une intervention prioritaire. Le gouvernement doit parallèlement organiser la circulation vers les lieux de stockage.

La question du coût devra rapidement être tranchée. Si les travaux sont financés par l’État libanais, les recettes tirées du transit devront être suffisantes pour justifier cet investissement. Une partie des redevances pourrait également être affectée à l’entretien des axes utilisés.

Le transport routier présente l’avantage de pouvoir démarrer rapidement. Il présente aussi une limite évidente : sa capacité reste très inférieure à celle d’un oléoduc. Il constitue donc une solution de lancement plutôt qu’une réponse à de très grands volumes.

Les postes-frontières devront absorber un nouveau trafic

Le deuxième chantier concerne la frontière. Le gouvernement veut renforcer la capacité des postes concernés afin d’éviter que les contrôles ne deviennent un obstacle au transit.

Chaque cargaison devra être identifiée. Les autorités devront connaître son origine, sa quantité, le produit transporté et sa destination. Les formalités devront être suffisamment rapides pour éviter l’accumulation de citernes.

La présence de la Sûreté générale et des deux principaux responsables douaniers à la réunion du 10 août répond à cette exigence.

Le contrôle est aussi nécessaire pour empêcher qu’une partie des produits destinés à la réexportation ne soit écoulée illégalement sur le marché libanais. Le pays a déjà connu une contrebande importante de carburants, notamment pendant les années où les produits pétroliers étaient subventionnés.

Le futur dispositif devra donc assurer une traçabilité entre l’entrée du produit, son arrivée dans les réservoirs et sa sortie du territoire.

Les réservoirs libanais doivent être remis en état

Le gouvernement a également examiné les installations de stockage et les normes de sécurité nécessaires à leur exploitation.

Le Liban dispose d’infrastructures pétrolières publiques importantes à Tripoli et à Zahrani. Une partie de ces équipements reste sous-utilisée après des décennies de faible investissement.

La préparation ne consiste pas simplement à déterminer combien de réservoirs sont vides. Les autorités doivent vérifier leur état, les canalisations, les pompes, les installations de chargement, les systèmes de mesure et les équipements de lutte contre les incendies.

Les différents produits doivent également pouvoir être séparés. Le stockage de brut, de diesel ou d’autres dérivés ne répond pas nécessairement aux mêmes exigences.

Le gouvernement n’a pas encore indiqué quelles installations recevront les premières cargaisons. Tripoli apparaît toutefois comme le site le plus directement lié au projet en raison de sa géographie et de son histoire pétrolière.

Tripoli retrouve une fonction perdue depuis plusieurs décennies

L’intérêt du dossier dépasse la simple utilisation de réservoirs existants. Tripoli a déjà été l’un des principaux débouchés du pétrole irakien vers la Méditerranée.

Le réseau historique de l’Iraq Petroleum Company transportait le brut de Kirkouk vers la côte méditerranéenne. Une branche aboutissait à Tripoli, donnant au nord du Liban une fonction importante dans le commerce pétrolier régional.

Cette fonction a disparu avec les crises politiques et les guerres qui ont bouleversé le Levant. Les infrastructures ont vieilli et le réseau historique ne peut évidemment pas être considéré aujourd’hui comme opérationnel.

Mais la géographie n’a pas changé. Tripoli reste un port méditerranéen situé à proximité de la Syrie et dispose toujours d’installations pétrolières.

Le retour de cargaisons irakiennes constituerait donc une réactivation partielle d’un corridor ancien, d’abord par route et non par conduite.

Bagdad cherche plusieurs sorties vers la Méditerranée

L’intérêt irakien s’explique par sa dépendance aux terminaux du Golfe. Les exportations de pétrole représentent l’essentiel des recettes publiques irakiennes et une très grande partie du brut quitte le pays par le sud.

Toute perturbation de la navigation dans le Golfe ou le détroit d’Ormuz devient donc un risque direct pour les finances irakiennes.

Les tensions régionales de 2026 ont renforcé cette vulnérabilité. Bagdad cherche désormais à disposer de plusieurs routes alternatives plutôt que de dépendre presque exclusivement de ses terminaux méridionaux.

La Méditerranée constitue la solution la plus évidente à l’ouest. Elle permettrait au pétrole irakien d’atteindre directement les marchés européens et méditerranéens sans passer par Ormuz.

La Syrie occupe naturellement une place centrale dans cette stratégie. Le Liban cherche désormais à s’y intégrer plutôt que de rester en dehors des nouveaux corridors.

La Syrie reste le passage indispensable

Le projet libanais dépend directement de la Syrie. Il n’existe pas de frontière commune entre l’Irak et le Liban. Tout transport terrestre doit donc traverser le territoire syrien ou emprunter un itinéraire beaucoup plus long.

La normalisation progressive des relations économiques entre Beyrouth et Damas en 2026 facilite cette perspective. Les deux gouvernements travaillent à la révision de dizaines d’accords portant notamment sur le transit, le commerce, les douanes et les transports.

Le pétrole irakien donne une dimension concrète à ce chantier. Il faudra définir les documents permettant aux citernes de traverser la Syrie puis d’entrer au Liban sans subir des procédures différentes à chaque étape.

La sécurité du trajet devra également être coordonnée avec Damas.

Le projet est donc, dans les faits, tripartite même si la réunion du 10 août portait uniquement sur les préparatifs libanais.

L’Irak travaille parallèlement sur un oléoduc beaucoup plus ambitieux

Le transport par camion ne constitue qu’une petite partie de la stratégie irakienne. Bagdad travaille parallèlement avec Damas sur la reconstruction d’un corridor pétrolier permanent vers la Méditerranée.

Les discussions annoncées en juillet portent sur un oléoduc d’une capacité pouvant atteindre environ 2 millions de barils par jour dans sa première configuration.

Une telle capacité change complètement l’échelle. Aucun dispositif de citernes ne peut rivaliser économiquement avec plusieurs millions de barils transportés quotidiennement par conduite.

Le projet libanais doit donc être lu comme une tentative de prendre position avant que le futur réseau ne soit définitivement organisé.

Si Tripoli démontre son utilité comme centre de stockage et de réexportation, Beyrouth pourra défendre plus solidement l’idée d’une branche permanente reliant le nord du Liban au réseau irako-syrien.

Aucune décision de ce type n’a cependant encore été annoncée.

Le risque pour le Liban est de rester à l’écart du grand pipeline

Pour Beyrouth, l’enjeu stratégique est précisément là. Si le nouveau corridor irakien aboutit uniquement à un port syrien, le Liban restera un acteur secondaire du commerce pétrolier régional.

La Syrie percevra alors les principales recettes de transit et concentrera l’activité logistique liée au pipeline.

Tripoli offre à Bagdad un deuxième terminal potentiel et réduit sa dépendance à un seul débouché méditerranéen. Cette diversification peut intéresser l’Irak, mais elle doit être économiquement compétitive.

Le Liban doit donc démontrer rapidement la qualité de ses infrastructures et de ses procédures.

La réunion de Nawaf Salam vise précisément à préparer cette démonstration. Routes, frontières et stockage doivent fonctionner avant que Beyrouth puisse réclamer une place plus importante dans le réseau permanent.

Le projet complète la relation énergétique entre Beyrouth et Bagdad

L’Irak est déjà l’un des principaux partenaires énergétiques du Liban. Depuis 2021, Bagdad fournit du combustible destiné à Électricité du Liban dans le cadre d’un accord particulier.

Ce mécanisme a permis au pays de maintenir une partie de sa production électrique pendant les années les plus graves de la crise financière.

Le nouveau projet est différent. Le pétrole destiné au transit ne serait pas nécessairement acheté par le Liban et n’aurait pas vocation à alimenter directement EDL.

Beyrouth cherche cette fois à gagner de l’argent grâce à sa position géographique et à ses infrastructures.

Cette évolution change la nature de la relation énergétique : le Liban ne veut plus seulement recevoir du combustible irakien, mais fournir à Bagdad un accès commercial à la Méditerranée.

Des recettes possibles, mais aucun chiffre pour l’instant

Le gouvernement doit désormais préciser l’intérêt financier du projet.

Le stockage peut être facturé selon les volumes et la durée. Les installations peuvent percevoir des frais de chargement et de déchargement. Les ports peuvent recevoir des redevances. Les douanes et le Trésor peuvent également bénéficier du trafic selon le régime retenu.

Les entreprises libanaises de transport peuvent enfin obtenir une partie des contrats de camionnage.

Mais aucun montant n’a été annoncé le 10 août. Aucun nombre de barils ou de tonnes n’a été communiqué. Il est donc impossible d’affirmer que le projet rapportera des dizaines ou des centaines de millions de dollars.

Cette absence de chiffres devra être corrigée avant la mise en œuvre. Le Parlement et l’opinion publique doivent connaître les conditions commerciales négociées avec l’Irak.

La transparence sera d’autant plus nécessaire que le Liban devra lui-même engager des dépenses pour adapter ses infrastructures.

Le nord du Liban pourrait être le premier bénéficiaire

Si le projet atteint une taille significative, Tripoli et le nord du pays pourraient bénéficier directement de l’activité.

Les installations auront besoin d’opérateurs, de maintenance et de services de sécurité. Le transport mobilisera des chauffeurs et des entreprises logistiques. La réexportation augmentera l’activité portuaire.

Les travaux routiers nécessaires au pétrole pourront également servir au reste du commerce avec la Syrie et l’Irak.

Cet effet est potentiellement plus important que les seuls revenus de stockage. Une infrastructure remise en état pour un grand client peut ensuite attirer d’autres flux.

Tripoli cherche depuis longtemps à développer cette fonction logistique. Son port et sa proximité avec la Syrie lui donnent un avantage que la crise libanaise a jusqu’ici empêché d’exploiter pleinement.

Le pétrole irakien peut fournir un premier volume suffisamment important pour relancer cette stratégie.

La sécurité des installations reste un préalable

Le stockage et le transport de produits pétroliers imposent cependant des normes strictes. Le gouvernement a explicitement inclus les exigences de sécurité dans les travaux du 10 août.

Les réservoirs doivent disposer de systèmes de détection et de lutte contre les incendies. Les opérations de chargement doivent être contrôlées. Les citernes doivent répondre à des normes adaptées aux produits transportés.

Les autorités devront également disposer de plans d’intervention en cas d’accident routier ou de fuite.

Ces exigences peuvent augmenter le coût de préparation des installations, mais elles ne sont pas optionnelles. Le Liban dispose d’une forte densité de population autour de plusieurs axes routiers et installations industrielles.

Un accident majeur compromettrait immédiatement la viabilité politique du corridor.

Le gouvernement devra donc intégrer les dépenses de sécurité au calcul des revenus attendus.

Le projet ne vaut que s’il devient régulier

Le principal enjeu n’est finalement pas de faire entrer quelques dizaines de camions au Liban. Il est d’obtenir de Bagdad un flux suffisamment régulier pour justifier la remise à niveau des infrastructures.

Le gouvernement doit maintenant publier quatre informations essentielles : les volumes envisagés, la date des premières cargaisons, les installations retenues et le niveau des redevances.

Ces chiffres permettront de distinguer un véritable projet économique d’un simple accord politique.

Ils permettront aussi de mesurer la place que Bagdad réserve au Liban par rapport à la Syrie et aux autres corridors étudiés.

La réunion du 10 août montre néanmoins que Beyrouth ne veut plus attendre la reconstruction d’un oléoduc pour entrer dans le jeu. Le gouvernement prépare les routes, la frontière et les réservoirs afin de recevoir les premiers flux par camion.

La prochaine étape sera donc très concrète : l’arrivée des techniciens irakiens, la validation des capacités de stockage et la fixation des premiers volumes. C’est seulement à ce moment que l’on saura si le retour du pétrole irakien à Tripoli marque réellement la renaissance d’un corridor méditerranéen ou reste une solution logistique limitée.

- Advertisement -
Newsdesk Libnanews - translated by IA
Newsdesk Libnanews - translated by IAhttps://libnanews.com
Libnanews est un site d'informations en français sur le Liban né d'une initiative citoyenne et présent sur la toile depuis 2006. Notre site est un média citoyen basé à l’étranger, et formé uniquement de jeunes bénévoles de divers horizons politiques, œuvrant ensemble pour la promotion d’une information factuelle neutre, refusant tout financement d’un parti quelconque, pour préserver sa crédibilité dans le secteur de l’information.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

A lire aussi